Newsletter cinéma #3   #newsletter

C’est parti pour une troisième newsletter… Qui n’en est pas vraiment une.

Il y a quelques jours, nous nous sommes retrouvés à discuter d’animation avec une amie. Elle m’a fait découvrir des choses, ce qui m’a aussi rappelé quelques petites références que j’aime beaucoup. Profitons, donc !

Animation et dessin :

Tout d’abord, les films d’animation de l’américain Bill Plympton. Un créateur déjanté, ultra prolifique et figure de la contre-culture américaine. Un gros travail à découvrir (surtout qu’une bonne partie de ses courts-métrages se trouvent assez facilement sur YouTube). Beaucoup de longs-métrages aussi (je n’ai encore rien vu, bonne découverte en perspective).

Les liens : Sex & Violence (1997) / Face (1987) / (…)

Animation et volume :

Si vous appréciez le côté absurde et barré du premier, vous aimerez sans doute le travail de Jan Svankmajer, un réalisateur surréaliste tchèque. Je vous invite à visionner l’un de ses films les plus connus, Les Possibilités du dialogue (1982) et à creuser un peu sur YouTube. On touche ici au travail du volume et de la matière en image par image : Svankmajer, précurseur, a inspiré nombre de cinéastes actuels.

Animation et vfx :

On pourra aussi citer l’excellent Tango (1980) de Zbigniew Rybczyński (à chaque fois que je cherche son nom, je galère, c’est malheureux). Ce film, je le ressors un peu à toutes les sauces, mais je le trouve merveilleux ! Il diffère des autres par son usage de l’incrustation. On entre encore un peu plus dans le spectre de la vidéo d’art. Notez qu’on connaît aussi Rybczyński pour ses clips, notamment Imagine (1987) de John Lennon.

Tous ces films sont des petites perles visuelles, bien sûr… Mais ils fourmillent de bonnes idées dans pleins d’aspects, le bruitage par exemple. De chouettes sources d’inspirations.

Retour au cinéma :

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On retourne aux USA, plus récemment, chez Richard Linklater. Dans deux de ses films, Waking Life et A Scanner Darkly, il utilise la technique de la rotoscopie. Grossièrement, elle consiste à redessiner par-dessus des images vidéos. On rentre dans une forme d’animation à mi-chemin entre la prise de vue réelle et l’animation pure qui incite à une réflexion très intéressante sur la représentation au cinéma (voir ici, par exemple). Linklater explore ces questions en plaçant ses histoires dans des contextes plus ou moins liés aux rêves.

Sans m’étendre plus, je vous conseille tout d’abord de voir ces deux œuvres, excellentes. Et aussi un article qui détaille le travail sur Waking Life. On y apprend ceci :

[…] Pour Waking Life, les animateurs ont été incités à souligner la spécificité de leur dessin et à faire figurer leurs particularités. […] La majorité des personnes employées étaient peintres et inexpérimentées en animation. En outre […] chaque scène est traitée par un animateur unique et chacun d’entre eux a choisi la séquence sur laquelle il allait travailler.”

Ce choix donne lieu à un film d’une richesse visuelle incroyable.

L’article : https://www.debordements.fr/Rotoshop-ou-la-representation-de-la-realite

On trouve aussi un exemple de rotoscopie dans Five Obstuctions (2003), de Jørgen Leth et Lars von Trier (un film que je trouve assez étrange mais très intéressant à voir).

Voir l’extrait : https://www.youtube.com/watch?v=gB7xh3D2vWg

Détour par l’animation japonaise :

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Enfin, je vous conseille très fortement un film d’animation japonais qu’on m’a fait découvrir l’an dernier : La Belladone de la tristesse (1973). Il a été un peu oublié avant sa restauration (voir Arbelos Films, qui par ailleurs possèdent un catalogue assez alléchant). C’est un monument psychédélique, une expérience dont l’image va puiser son inspiration chez de grands artistes (Klimt, Mucha, Schiele…) et la musique dans une sorte de jazz-progressif sous acide (c’est dément). L’animation passe par différents stades graphiques, le film est passionnant à regarder. Il se trouve relativement facilement en VOD ou sur diverses plateformes de téléchargement.

À titre personnel, j’aime aussi beaucoup le travail de Satoshi Kon dans Perfect Blue (1999) ou Paprika (2006) et j’avais trouvé Le Conte de la princesse Kaguya (2013) magnifique, entre autres. J’ai aussi lu d’excellentes critiques à propos de films que je n’ai pas encore vu comme J’ai perdu mon corps (2019), Le Congrès (2013), Le Garçon et le Monde (2013)

Voilà. Pas mal de liens et quelques heures de film en perspective.